Interview de… Arno Cost & Norman Doray : Et maintenant on fait quoi ?

 

Il y a peu de temps, nous avons eu le plaisir de recevoir deux monuments de la « house » française, Arno Cost et Norman Doray.
Les deux complices ont sillonnés les scènes et les studios, ont tous deux développé des projets à côté et aujourd’hui, ils viennent se mettre à nu pour Riptide !

Vous avez tous les deux commencés au début des années 2000, 17 ans après quel est le bilan pour vos deux parcours ?

ARNO : Nous avons réellement commencé en 2005 avec notre première release vers 2007, donc on va dire que nous avons 10 ans de carrière derrière nous. Si nous devons faire un bilan aujourd’hui, je pense que nous pouvons être fier du chemin parcouru, avec de nombreuses releases, des tournées autour du monde à n’en plus finir et de belles rencontres. Cependant c’est vrai que le monde de la musique, et notamment de la musique électronique à bien changé. Nous sommes assez loin de ce qu‘il était en 2007, et ne correspond peut-être pas à ce que nous pensions au début, avec beaucoup de succès rapide d’artistes, plus que du travail sur le long terme, en se créant une réelle image.

Vous avez eu l’habitude de composer ensemble sous l’alias « The Freshmakers » avec Pierre de la Touche, va-t-on vous revoir sous cette forme ou sous une autre (nouveau groupe / duo / seulement solo) ?

NORMAN : The Freshmakers a été le point de départ, un projet pas forcément pensé ou préparé, et le succès de ‘LET U GO’ nous a surpris. Tout est parti de la. Nous avons fait un second single, puis pas mal de remixes et ensuite la demande a été forte pour les dates, donc nous avons pris la route, et écumé quasiment tous les clubs de France. Mais Arno et moi voulions allez plus loin, et faire résonner notre musique en dehors des frontières. Nous avons donc décidé de se mettre tous les deux sous forme de duo…Puis ensuite nous avons expérimenté une carrière solo, afin de ne pas être mis dans des cases. Nous faisons les choses à l’instinct, donc nous verrons ce qui arrivera prochainement.

Vous êtes tous les deux des piliers de la « house » française, avec votre expérience, comment  se renouvelle-t-on tout en gardant son « authenticité » ?

ARNO : Se renouveler n’est jamais quelque chose de facile, mais pour être honnête je ne pense pas qu’on y réfléchi vraiment, en se disant qu’il serait temps de changer notre son ou autre. Depuis le début, nous faisons de la musique avec notre cœur et nos tripes, car c’est notre passion. Nous ne cherchons pas le hit, ou de copier le nouveau morceau à la mode. C’est sûr, nous pourrions le faire, je pense que nous avons les qualités de producteur pour cela, mais ce n’est pas vraiment intéressant. Nous essayons de faire ce que nous savons faire. Si nous n’avons pas de bons morceaux, nous ne sortons rien.

Que ce soit Arno Cost ou Norman Doray, tous deux vous adorez faire des collaborations, est-ce une façon d’amplifier vos capacités par l’échange culturel / musical ou est-ce simplement pour vous la meilleure manière de composer ?

NORMAN : Je pense qu’il faut dissocier collaborations et ‘collaborations’. Avec Arno, nous sommes comme une famille, équipe. Lorsque nous faisons de la musique ensemble, tout est simple, logique et chimique. On se complète totalement. Au cours de ces dernières années, nous avons aussi décidé de faire de la musique avec d ‘autres producteurs que l’on aime, ce qui permet aussi de s’ouvrir musicalement et d’apprendre de chacun, et c’est intéressant. Lorsque j’ai collaboré avec Avicii sur le morceau ‘TWEET IT’ j’ai beaucoup appris, sa façon d’aborder les mélodies, de construire les morceaux à l’instinct et ca c’est génial. Arno à également ce même d’expériences avec d’autres producteurs

Arno, ta dernière actualité musicale remonte à 2016, tu prépares une belle surprise qui va sortir, où en est-tu actuellement ?

ARNO : En effet, j’ai été pas mal retenu par des projets parallèles.
J’ai co-fondé la plateforme de Streaming CLEEK avec 2 amis, c’est une super aventure qui me prend beaucoup de temps et d’énergie mais qui laisse peu de place au studio.
Cela dit, j’ai pleins de morceaux déjà terminés sur mon ordinateur, qui ne demandent qu’à être sortis ! On prépare également une re-release de mon single Magenta, avec de nouveaux remixes. J’ai hâte !

Norman, tu as réalisé 10 podcasts pour partager ta vision et tes tendances pour mettre en avant tout le groove qui réside dans la house, le dernier date d’un an, c’est terminé pour le podcast ou tu reviendras avec une autre série ?

NORMAN : Effectivement. J’avais décidé de lancer une sorte de radio show ou je partageais mes coups de cœur du moment, et également ces morceaux qui m’ont influencé toute au long de ma vie. J’ai voulu faire cela bien, je parlais dessus et chaque épisode prenait beaucoup de temps à enregistré. J ‘aurais pu continuer mais c’est vrai que je préfère me concentrer en studio sur de la nouvelle musique. C’est difficile d’être partout.

Pour vous, quelle est votre vision de la scène « house » actuelle ?

NORMAN : Cela dépend de quoi nous parlons. Si nous parlons de la scène EDM, nous ne sommes pas trop réceptifs, je pense que nous avons fait le tour depuis pas mal de temps des synthés trancy, des builds up à n’en plus finir…ce monde nécessite un peu de fraicheur

Concernant le mouvement house, il y a vraiment de bonnes choses. Un renouveau depuis 2 ans qui est cool. On peut le voir avec les releases qui marchent de plus en plus, mais également les soirées qui reviennent en force, notamment à Paris. C’est vraiment bien !

ARNO : On est en train de vivre une vraie transition dans la musique électronique, on retourne à la musique fraîche, douce, vocale, ou alors jazzy, avec de vraies influences hip-hop parfois. Bref la scène house me semble beaucoup moins fermée qu’elle ne l’était il y a 10 ans. Ou alors c’est peut-être moi qui suis plus ouvert aujourd’hui !

Quoiqu’il en soit, c’est très positif !

Norman, sur quoi travaille-tu actuellement, un single, un EP ou peut être un album en préparation ?

NORMAN : Je travaille toujours de la même façon, au feeling. J ‘enchaine single après single, si bien sur je le sens. Lorsque je pense que je n’ai rien d’intéressant à sortir, je m’abstiens. Je n’ai jamais voulu être dans la course au single tous les 6 semaines…

Quel est le moment qui vous a le plus marqué dans votre carrière ?

ARNO : Il y en a pleins après 10 ans de carrière. Les soirées au pacha Ibiza durant de nombreuses années avec la SHM étaient exceptionnelles, une ambiance unique dans ce club légendaire. On jouait de la house, de la progressive house, du disco, les gens étaient tellement open !

Les 2 soirées sold out au Zenith de Paris avec David guetta, c’est aussi un souvenir de fou, voir une telle foule à la maison, avec les copains, la famille…ça ne s’oublie pas ! Nous avons aussi vécu des moments humains très fort au Japon, Corée du sud. L’Asie à toujours été spécial pour nous

Comment avez-vous commencé la musique ? Aujourd’hui avec tous les outils de streaming qui sont à disposition des jeunes artistes, auriez-vous agis différemment ?

NORMAN : On a commencé la musique sans Soundcloud, sans spotify et tout le reste. Le modèle était totalement diffèrent. Nous avions Myspace qui était un peu l’ancêtre de ces plateformes. Plus simplement, nous signions nos morceaux dans des maisons de disques qui faisait la promotion, puis ils sortaient des vinyles au début, et très vite cela est passé au CD’s. Le monde de la musique était un peu moins volatile. Un bon morceau club pouvait rester dans les charts 1 an. Aujourd’hui ce n’est même pas imaginable.

Passons à quelques questions plus légères :

Vous avez le choix entre trois dj (David Guetta, Laidback Luck & Martin Solveig), un pour chaque réponse :

– Pour passer une soirée ?

David Guetta

– Pour passer une tournée ?

Martin Solveig

– Pour passer des vacances ?

Laidback Luke

Quel est la personne (Artiste, proche, personnage historique…) qui vous a le plus inspiré ?

ARNO : Difficile question…l’inspiration évolue, change. Dans la musique électronique, toute la French Touch à été une influence majeure, puis dans la musique plus commerciale, Axwell, Prydz, Angello ont été aussi des inspirations. Aujourd’hui je pense que nous allons chercher un peu plus loin, dans la façon de penser, l’attitude…On adore le cinéma, le sport…

Le titre que vous auriez le plus aimé produire ?

Thriller – Michael Jackson

ou

Music sounds better with you – Stardust

Qu’est-ce que l’on peut trouver dans votre bibliothèque musicale actuellement ?

Plein de musique d’artistes comme Superpoze, Rone, Jean Tonique, Roman Kouder, Superlover etc…Sans faire du léchage, on kiffe bien aussi les artistes de Riptide !!

Pour finir, on vous laisse quelques mots pour les lecteurs, vous diriez ?

Merci à tous ces gens qui nous suivent depuis toutes ces années, ceux qui sont fidèles et qui continuent à écouter ce que l’on fait.

Vous avez désormais toutes les informations concernant Norman Doray & Arno Cost, on a hâte de voir la suite ! Riptide se fera un plaisir de vous informer de leurs actualités dans les mois à venir !

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