Interview … Kazy Lambist ou le talent au service de l’éléctro-pop !

© Gregoire Alexandre

 

Il y a peu nous avons rencontré Kazy Lambist à l’occasion de sa représentation à la Summer House. On a évoqué son futur album, sa façon de concevoir la musique et sa relation avec le public.

 

Pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Arthur, j’ai 25 ans et je viens de Montpellier. À la base je fais de la musique électronique qui peut aussi s’apparenter à de l’éléctro-pop. J’appartiens au label Cinq/7 et je viens de préparer pendant une année mon album qui petit à petit va être dévoilé dans les semaines à venir.

« Aujourd’hui, je suis plus à l’aise avec le public, comme je l’ai dit précédemment j’ai besoin d’échanger avec les gens, partager le goût de la musique. »

Comment es-tu passé de l’artiste dans sa chambre qui produit à l’artiste accomplit que tu es aujourd’hui ?

Cela a été progressif, au début j’ai commencé à poster mes sons sur internet mais c’était plus pour mes potes qu’à un réel public. Puis mes amis passaient mes sons en soirées donc ça touchait une nouvelle cible et de fil en aiguille j’ai eu des bons retours.

Mais c’est avant tout une histoire de rencontre, quand j’ai rencontré mon manager, il a pris les choses en mains. Notamment le côté « business » que je ne comprenais pas. À partir de ce moment, tu rentres dans un autre univers, il y a plus de paramètres à considérer.

C’est aussi le fait de faire des concerts qui te donne envie de partager pour les gens et non plus seulement pour tes proches. C’est vraiment progressif, je me souviens au début quand certaines personnes m’écrivaient, je ne savais pas quoi répondre, je me sentais gêné.
Aujourd’hui, je suis plus à l’aise avec le public, comme je l’ai dit précédemment j’ai besoin d’échanger avec les gens, partager le goût de la musique.

 

Quelles sont tes références musicales ?

J’adore Metronomy, c’est vrai que c’est un groupe qui m’a beaucoup influencé. Quand j’ai découvert leurs titres, j’ai tout de suite accroché à l’univers, à ce qu’ils souhaitaient transmettre.

Comme vous avez pu le voir avec le voyage au Canada, j’aime le jazz et le rap, je pourrais citer plusieurs artistes comme Oxmo, IAM ou même la vague de l’Entourage, Némir

Mais c’est essentiellement le hip-hop américain qui m’a inspiré, des mecs comme Mobb Deep, Notorious BIG ou Mos Def.

Enfin sur l’électro je dirais Air avec la bo de Virgin Suicides qui était juste folle, Sébastien Tellier pour Roche.

Je crois qu’on a fait le tour de mes références là, non ? (Rires)

Pourquoi avoir choisi « Kazy Lambist » ?

C’est le nom d’un alcool local dans le nord du Canada où j’ai séjourné pendant un an. On m’a souvent demandé si j’étais sûre de vouloir garder ce pseudonyme. La réponse est que ce nom a une réelle signification pour moi, c’est des souvenirs, des moments vécus, je ne pouvais pas adopter un autre pseudonyme.

Ton voyage au Canada a eu des répercussions sur tes influences et tes compositions, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Après mon année de première, je suis parti un an en échange au Canada. Ce qui m’a frappé c’est qu’à l’époque, ils écoutaient des titres très différents de chez nous. C’était il y a plus de huit ans, je pense que la musique électronique est arrivée très tard en Amérique du Nord. Ils connaissaient Phoenix, mais, écoutaient essentiellement du Hip-Hop et du Rock. Cela a été un changement de style par rapport à ce que l’on écoutait en France à cette même période.

En dernier lieu c’est une expérience qui m’a beaucoup apporté, j’étais dans un groupe de jazz dans le lycée puisque le système n’est pas tout à fait pareil qu’en France. Au Canada, la musique pouvait tout à fait être une matière possédant le même coefficient que les mathématiques ou l’anglais.

Du coup j’en ai profité pour prendre la musique et je ne regrette pas, j’ai passé une année exceptionnelle, j’ai beaucoup appris et j’ai surtout pris beaucoup de plaisir à jouer avec le groupe.

 

©Julia Merveillie

« C’était vraiment dans une optique de se déconnecter de tout et de pouvoir me retrouver seul avec mes outils pour composer. »

On peut voir que ce voyage t’a beaucoup apporté, voyager pourrais te permettre de composer ?

Carrément, pour le second album cela pourrait être une option de partir un an pour découvrir de nouvelles influences.

D’ailleurs c’est pour ça, que je n’ai pas fait de concert depuis l’été dernier parce que je souhaitais me couper un peu du monde. Je suis parti 2 mois l’été dernier dans une maison perdue au milieu des vaches (rires).
C’était vraiment dans une optique de se déconnecter de tout et de pouvoir me retrouver seul avec mes outils pour composer.

En parlant d’album, où en es-tu sur ton premier ?

Pour être honnête je suis au début. J’ai sorti Shutdown qui est un premier extrait pour donner la couleur de l’album en juillet. Ce mois-ci, je viens de sortir la version extended de Be Yourself qui permet de donner un peu plus d’informations sur l’album à venir.

Pour cet album j’ai travaillé avec des graphistes ( deValence ) afin de concevoir une toute nouvelle image afin d’avoir une identité homogène sur l’album.

La seule information que je peux avancer en étant certain, c’est une tournée après le lancement de l’album !

 

 

L’ambiance de ton album (Pop / Chill / Électro) ?

J’imagine que c’est un mélange des trois puisqu’ils se complètent, il y aura des titres un peu plus sombres que ce que j’ai pu produire auparavant. Je pense que tout le monde y trouvera son bonheur. Je ne change pas de style, je reste dans mes courants d’inspirations. Pour tout vous dire, j’avais envie de concrétiser une période, c’est mon premier album et je souhaitais qu’il représente mes goûts ainsi que mes précédentes productions.

En tant que multi-instrumentiste comment se passe ta phase de conception d’un titre ?

Je travaille au feeling, je m’enferme dans ma pièce avec mes instruments et je me laisse aller. Dans mon studio, j’ai un Korg SV1, ma guitare, ma basse et j’alterne entre les instruments, je modifie les accords jusqu’à trouver la base parfaite.

Une fois que je possède ma base, j’expérimente des ajouts, des boucles, c’est vraiment la partie la plus intéressante puisque tu es confronté à une multitude de possibilités.

En fait, je ne pense pas qu’il y ait une méthode exacte puisque je me suis rendu compte que je n’ai jamais réussi à réitérer la même construction.

De toute manière, si je ne me perds pas dans la musique et que je suis un schéma, mes morceaux ne me conviennent pas.

« Ces personnes que j’ai touchées avec ma musique se sont réellement approprié mes sons, ils ont aimé ce que je transmettais et c’est la plus belle des récompenses. »

Quelle est ta démarche lorsque tu sors un son, que proposes-tu au public via ta musique ?

Pour ma part, j’envisage la musique comme une transmission de sensations, j’ai besoin de mettre des émotions sur mes titres afin que le public ressente ma conception de la musique.

Et une chose que j’apprécie particulièrement ce sont les retours que je peux avoir sur mes titres. Qu’on soit d’accord, que ma musique fasse des vues, des écoutes c’est concret mais le plus intéressant c’est le retour du public.

Quand des gens te disent : « ça c’est le son avec ma copine, on s’est rencontrés sur ce titre » ou « J’ai fait tel voyage et on a passé ton son en boucle pendant le séjour », ça te procure un plaisir énorme, tu te dis que le ou les sons se sont ancrés dans la vie des gens. C’est un indicateur que ton son n’est pas seulement une mélodie « catchy » pour les supermarchés.
Ces personnes que j’ai touchées avec ma musique se sont réellement approprié mes sons, ils ont aimé ce que je transmettais et c’est la plus belle des récompenses.

Qu’aimerais-tu dire aux lecteurs pour conclure cette interview ?

Tout d’abord j’aimerais remercier les personnes qui suivent déjà le projet, c’est gratifiant de voir vos réactions.

Pour ceux qui ne me connaissaient pas, je vous souhaite la bienvenue !

 

C’est donc sur ces derniers mots que cette interview se termine, on remercie Kazy Lambist d’avoir partagé cette parenthèse et on espère le revoir pour la sortie de son album ! 

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