Interview Thomas Muller

À l’occasion de la 3ème édition du Big Bang Festival (4×2 Pass à gagner) by Marvellous Island, le DJ Thomas Muller s’est prêté au jeu des questions pour Chill-Music. Une interview sans concession d’un artiste qui se livre corps et âme pour transmettre sa passion de la musique.

Interview Thomas Muller

1. Qui es tu ?

Thomas Muller, j’ai signé sur Bpitch Control Records à 23 ans, j’ai suivi cette équipe pendant prêt de 5 ans alors que j’habitais à Berlin puis je suis rentré à Paris en 2013, la ville où je suis né et grandi. Depuis j’ai composé sur d’autres labels, et sorti un EP en featuring avec Ellen Allien, « free nation », un remix pour Clara Moto sur Infiné et un featuring avec Paul Ritch sous un nouveau nom « Sow Wild Oats » pour Rumors, le label de Guy Gerber.

J’ai joué surtout des performances Live,c’est à dire les 5 premières années, je ne jouais que mes morceaux dans des lives actes, depuis 3 ans, je suis aussi DJ, j’ai donc joué sur des scènes comme l’Élysée Montmartre, le Bataclan, le Berghain, la Weather #2, Tomorrow Land, le Fabrik London, le Watergate Berlin[…] Mais j’ai surtout eu l’opportunité de jouer avec des artistes comme Derrick May, Kevin Sanderson, Paul Kalkbrenner, James Holden, Miss Kittin, Nicolas Jaar, Seth Troxler, Maceo Plex

2. Depuis combien de temps produis-tu de la musique ?

J’ai commencé à composer ma musique depuis que j’ai découvert l’univers du club. J’ai eu envie de comprendre comment on faisait cette musique sur laquelle je dansais tous les weekends de 17 à 21 ans à Paris.

Interview Thomas MULLER v3

3. Quelles sont tes influences musicales ?

Mes influences musicales ? Là j’écoute Daft Punk « Homework », Massive Attack « Blue Lines », Mr.Oizo « Analog Worms Attack », Pheeroan Ak Laff « House Of Spirit », The Fatback Band « Raising Hell », The XX-XX

Ces derniers temps, je trouve plus facilement mon inspiration dans ce qui n’est pas de la musique et bizarrement si à 17 ans je la trouvais uniquement à travers la fête et à travers la scène de la musique club, aujourd’hui, plus d’une dizaine d’années plus tard, je peux enfin m’inspirer de mon vécu, de mes histoires de vie, de mes jours à Berlin. Je reviens aussi sur mon enfance, c’est un autre voyage artistique, plus personnel.

4. Tu fais souvent des sets de 2H à la radio (Rinse par exemple), qu’est ce que cela t’apporte ? La cadence est-elle dure à suivre ?

Je n’ai jamais fait d’émission de radio au part avant alors je n’ai pris qu’une émission par mois pour Rinse quand ils m’ont proposé de prendre le contrôle d’une émission sur la grille. Il faut dire que la composition me prend beaucoup de mon temps et il est parfois difficile de chiner les synthétiseurs adaptés à mes idées musicales et d’écouter les sorties de disques en parallèle, surtout qu’il est important de ne pas se laisser trop influencer par ce qui sort quand on est dans une phase de créativité.

5. « Séduction » est l’un de tes premiers sons. Fortement apprécié, peux-tu nous en dire plus sur sa production ? Peut-on dire que ce titre décrit parfaitement ton univers ?

J’habitais à Berlin, Schwartzkopff strasse 19, un immeuble pourri juste devant les ruines du mur de Berlin Nord, le mur passait littéralement devant la fenêtre de ma cuisine. Juste en dessous de Wedding, j’avais mes petites économies pour pouvoir payer un loyer de 460 euros par mois et manger à côté pendant 12 mois seulement, je rêvais de vivre de la musique électronique dans ce délai d’un an, j’avais 22 ans, je ne connaissais personne à Berlin, j’étais parti vite, je n’avais pas de job, pas de nana et pas d’appartement alors j’ai sauté sur cette aventure.

Je faisais de la musique tout le temps sur un ordinateur plein de plugins piratés et ma paire de Dynaudio BM5A, autant que possible du matin au soir et « Séduction » est sortie de ces moments là, où je partais dans les clubs le soir à la rencontre des Berlinois et le jour je composais, dans l’idée de séduire cette nouvelle ville et de construire ma nouvelle vie.

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6. Après avoir rejoint le label BPitch Control, tu sors un EP « Neuronnes » composés de 4 track techno. Une vidéo teaser a même été publié sur Youtube avant sa sortie. Je suppose que cela a été un de tes plus gros projets, peux-tu nous en dire plus sur ces Tracks ?

Je ne sais pas à quel point j’ai bossé sur cet EP, si je l’ai pris plus au sérieux que mes autres EP. Cet opus fut inspiré de mes goûts pour le rock psychédélique, c’est-à-dire des groupes comme Iron Butterly, Jefferson Airplane, King Crimson… J’ai voulu mettre des instruments acoustiques à sonorité rock années 60 coincés dans la techno que j’avais l’habitude d’écouter, en gardant en vue, dans les constructions des morceaux, ce qu’il faut pour qu’on est envie de sauter au plafond, surtout sur le morceau «Sub Summer». Je viens de me le ré-écouter, j’aime toujours ce morceau!

7. Combien de temps a mis la réalisation de cet Ep?

Un mois environ

8. À quel moment es tu le plus créatif ?

J’en sais rien, quand tout s’aligne dans ma vie. Quand on se sent bien et qu’on peut se concentrer. C’est ce qu’on dit du succès d’ailleurs, on sent venir le succès quand tout prend un sens partout dans chaque chose qu’on choisit et qu’on vit. J’ai entendu dire ça dans un documentaire sur Prince, il semblerait que pour lui, cet « alignement » se produit avant la sortie de 1999 et le film Purple Rain , c’était un de ces musiciens qui le disait…

Interview Thomas MULLER v2

9. Quels sont tes projets ?

Je recompose un live de Scratch, j’ai presque terminé, je me suis isolé pendant tout le mois de juillet et août, sacrifiant mon été à ce projet.

Je n’ai joué que des lives de 2007 à 2013, j’ai mis le live de coté pendant 2 ans car je trouvais que je n’avais plus les choses à dire qui justifieraient que je puisse composer les morceaux nécessaires à rafraichir en permanence mon live et de l’autre coté, je voulais vivre les sets Dj de warm-up ou de fin de soirée, des sets de 6h, des choses qu’on ne vit jamais en étant live Act puisqu’on joue toujours en transition de deux Djs et qu’on joue maximum une heure et demi.

10. Quelle(s) autre(s) passion(s) as-tu en plus de la musique ?

Ma principale passion est la musique et elle me prend beaucoup de temps en ce moment. Quand j’ai besoin de prendre un break, je m’évade dans un documentaire, une étude philosophique, en fait, non je crois que je m’évade un peu prêt dans n’importe quoi, du moment que je peux geeker. Je prend des notes à peu prêt sur tout, je ne sais pas si ça va me servir à quelque chose tout ça mais ça me permet de faire un bon break et c’est le but. Je n’ai pas vraiment donc d’autres passions, je suis curieux de tout, tout simplement.

11. Avec quel artiste mort ou vivant aimerais tu faire un feat ?

Puisque la question est de l’ordre de la science fiction, alors je rêve de ne jamais mourir pour avoir le temps de faire un « feat » avec chaque artiste mort et vivant et de ne jamais devoir choisir.

12. Si tu étais une mélodie ?

Un mélange de King Crimson « I Talk to the Wind », Blur « Sing » et The Rolling Stones « Sympathy For The Devil »

13. Un dernier mot pour la Chill Music et vos fans ?

Vivez ce qui vous semble bon de vivre, what ever works for you !


Plus d’infos sur Thomas Muller :

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