On a rencontré Fakear !

Son regard sur l’écologie, son avis sur la scène française et une demande en mariage en direct, Fakear s’est livré à nous lors d’une interview en marge du Climax à Bordeaux.

 

Riptide Music : « Salut Fakear, merci de nous accorder cette interview pour Riptide Music, c’est un réel honneur que de pouvoir te croiser ici, au Climax Festival à Bordeaux »

Fakear : « Bonjour et merci à vous également, c’est toujours un plaisir pour moi ! »

R : « Ton nom de scène vient du mélange entre « Fake » et « Ear » traduit littéralement par « Fausse oreille », tu es également un ami d’enfance de Superpose, as-tu gardé contact avec lui ? »

F : « Absolument, c’était mon meilleur ami de lycée et on s’est beaucoup vu au début de nos carrières, là on se voit un peu moins mais c’est surtout une question d’agenda, on est resté proche »

R : « Tu fais partie du label Nowadays Records, qui à l’instar de Roche Musique, vend plus de disques à l’étranger qu’en France, quel sentiment cela t’inspire ? »

F : « En France, nous sommes une sorte d’île musicale, nous avons la variété française qui prédomine, nous avons une scène très spécifique, alors que les anglos-saxons, leur variété c’est notre pop à nous, c’est une culture différente. Du coup, pour nous et en particulier pour moi, le but du jeu a été d’ouvrir très tôt les frontières, puis de me tester rapidement à l’étranger pour trouver d’autres indicateurs de réussites que ceux de la France. »

R : « Penses-tu qu’à l’époque où la téléréalité explose en France et dans le monde, il y a également un soucis dans l’éducation musicale qui se contente d’allumer la radio et écouter ce qu’on lui sert qui pourrait expliquer ce phénomène ? »

F : « Oui, en effet, dès que tu es hors des grandes villes et que tu ne peux pas capter des radios comme Nova ou F.I.P, tu te retrouves vite coincé. Pour en revenir à l’Angleterre, là-bas, la radio la plus écoutée c’est la BBC One qui est l’équivalent de notre France Inter, qui a un audimat bien précis (35-55 ans). Nous avons donc un vrai soucis au niveau des radios mainstream qui vont diffuser 15 tracks par jour pour faire fonctionner une musique. A titre personnel je l’ai vu aussi car je suis en licence chez Mercury (Universal), et ils ont toujours dans un coin de la tête l’idée de bombarder ton titre en radio (NRJ, Virgin, Fun). Malgré cela j’ai préféré conserver mon identité plutôt que de me formater pour la radio.

R : « Alexandre Astier a dit dans une interview « ne confondons pas essayer de voir quelque chose de brillant et se prendre la tête, c’est un amalgame très dangeureux ». Nous pouvons faire un parallèle avec la musique, penses-tu qu’il serait intéressant qu’à des heures de grandes écoutes, des radios comme NRJ, Fun ou encore Virgin est le courage de passer d’autres styles de musiques, plus complexes, comme tu peux en produire avec d’autres artistes, je pense notamment à Worakls dont je suis un grand fan, voir même aller dans des univers de jazz et de blues ? Penses-tu que cela serait intéressant ou c’est peine perdue ? »

F : « Ça serait super intéressant ! Quand tu parles avec les gens qui n’ont pas cette éducation musicale (France Inter ou Nova), tu réalises qu’en fait ce ne sont pas du tout des moutons, ils ont la même curiosité que nous, souvent ils n’ont pas accès, ou n’ont même pas connaissance des moyens d’écoutes. Je pense donc qu’au contraire, si NRJ se risquait à passer quelque chose de plus pointu, les gens suivraient, cela créerai une certaine nouveauté qui plairaient quelque part. Ça pourrait se faire tellement simplement en plus. »

R : « Sur les réseaux tu as affiché ton soutien au Climax, festival éco responsable, est-ce qu’en tant qu’artiste, réputé et écouté, tu sens que tu as un rôle à jouer dans cette nouvelle ère du développement durable ? »

F : « Un rôle à jouer, je ne sais pas. Mais quand tu commences à avoir une certaine notoriété, tu as ce devoir, Même inconsciemment, tu peux te faire porte-parole. Ce sont des valeurs que je défends donc je le fais quelque part assez naturellement, je suis de très près la transition alimentaire, les problématiques d’écologie. J’ai réduit au maximum la viande, aujourd’hui c’est seulement un plaisir que je me fait au restaurant de temps en temps mais je n’en achète plus.

R : « Revenons-en à la musique, tes inspirations sont très variées, tu as collaboré avec Mome et tu as été approché par M.I.A sur twitter, avec quel artiste rêverais-tu de composer un morceau ? »

F : « En vrai je ne sais pas. Avec l’expérience j’ai appris que ça ne sert à rien de se baser sur les affinités musicales avec quelqu’un, car si ça se trouve, ce quelqu’un n’est pas une personne cool dans la vie, et je n’aimerai pas travailler avec lui si on ne s’entend pas bien. Toutes les collaborations que j’ai faite l’ont été avec des gens que je connais et avec qui je m’entends bien, pour qui j’ai de l’estime. Je ne pourrai pas me dire « tiens, je vais collaborer avec Flume car j’aime sa musique et son univers peut être semblable au mien », non, il faut que j’arrive à accrocher avec la personne en premier lieu et ensuite ça viendra, ou pas, naturellement. »

 

R : « L’industrie musicale mondiale reflète assez bien la société en général, l’essentiel des revenus est capté par une minorité, pendant que 90% des artistes n’arrivent pas à vivre de leur passion / métier que penserais-tu des reverser 1% de tes revenus, avec d’autres artistes, pour créer une plateforme de solidarité permettant à de jeunes artistes d’avoir accès à un studio pour enregistrer leur musique ? »

F : « C’est une démarche qui est incroyable. En signant dans ce label Nowadays Records c’est aussi une philosophie qu’ils défendent. Après, moi tout seul, pour le moment ça semble compliqué, j’ai moi-même beaucoup de choses à gérer en ce moment, mais c’est entièrement quelque chose qui, dans le futur, pourrait me tenter à fond. »

R : « Pour finir, je vais te poser une petite série de questions courtes !

Si tu n’avais pas été artiste, quel métier aurais-tu voulu faire ? »

F : « Je serai surement dans le spectacle quand même, je m’orientais à la base pour être ingénieur du son. Sinon, éducateur spécialisé, j’ai passé mon bafa, j’ai beaucoup travaillé avec les jeunes et j’aimais vraiment ça. »

R : « Soirée entre amis ou en amoureux ? » F : « En amoureux (rire) »
R : « Ton film préféré ? »

F : « Princesse Mononoké et l’Empire Contre Attaque. Ce sont des raisons plutôt sentimentales, Pincesse Mononoké je l’ai vu très tôt et c’est le premier film qui m’a sensibilisé à toutes ces valeurs d’écologie, de défense de l’environnement, et c’est un univers poétique génial, cela continue de m’inspirer dans mon processus de création aujourd’hui encore. L’empire contre attaque car je suis un grand fan de la saga, et celui là parmi tous, c’est vraiment le meilleur ».

R : « Si tu étais un animal ? »
F : « Un loup évidemment ! »

R : « La chose la plus folle qui te sois arrivée depuis que tu tournes ? »

F : « La dernière date de ma tournée au Cargo à Caen, un mec m’a fait remonté un mot jusqu’à la scène en me demandant si je pouvais faire sa demande en mariage au micro, et elle a dit oui ! Donc c’était la teuf, c’était au début du rappel donc ça a duré une dizaine de minutes et c’était très émouvant ! »

R : « Un dernier mot avant de monter sur scène ? »
F : « Prenez vos bottes et restez jusqu’à la fin malgré la pluie (rire !). »

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Hugo Laurentie