On y était : qu’est devenu le Rap Contenders ?

Dans la jungle musicalo-urbaine dont fait partie le Rap, le « RC » ou Rap Contenders continue de prendre une route tracée avec un mérite indiscutable. Tremplin pour les jeunes rappeurs en quête de renommée, de nombreux punchliners ont pu tirer profit d’une expérience plus ou moins courte, sur cette scène si particulière. 6 années se sont écoulées depuis le lancement ; aujourd’hui il est l’heure du bilan. On s’est rendu au Cabaret Sauvage le 19 juin dernier pour prendre la température autour de ces joutes verbales. Bienvenue dans notre rubrique Des Platines et des Scènes !

 Un voyage lyrical de 5h

10h30 indiquait le panneau du métro Porte de Pantin. Frais comme des gardons, notre arrivée sur les lieux s’est déroulée. Alors que les portes principales ouvraient pour midi – et qu’une vingtaine de personnes faisaient déjà la queue – nous sommes passés par la petite porte où arrivent duellistes et invités. Nos yeux s’illuminent quelques secondes seulement après nos premiers pas, en ayant croisé le regard avec quelques protagonistes : nous voilà au RC !

Avec un sourire qui cache la pression avant les grands événements, Dony S (patron et créateur du Rap Contenders) nous accueille. Un garçon avenant, qui prend les choses avec assurance.. Mais vous en saurez plus courant semaine prochaine avec une interview exclusive de Mr. Battle.

Mais il serait honteux d’oublier ses deux partenaires débarqués dès la première et deuxième éditions : Badsam et Stunner. D’un côté, le mec jovial qui est bon délire, et de l’autre l’homme qui galvanise son audience avec des « aka » à la pelle. Et on ne s’en lasse pas

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Les présentateurs Badsam (à gauche) et Stunner (à droite) ne peuvent parfois pas s’empêcher de rire.. Enfin tout dépend de la punchline qui précède ce dernier, n’est ce pas The Shadow Boxer ? – © Pierre Bertho
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On prend du temps à parler du concept avec différents mcees, de l’ancienne et de la nouvelle génération. Ces derniers nous débitent un à un des points de vue qui se mélangent ou s’éloignent, par la personnalité de chacun. Bramzo, un des espoirs majeurs de la discipline, nous confie « Fier d’être de la partie, je regardais il y a moins d’un an ce petit monde depuis ma chambre. La consécration, c’est quand tu passes de l’autre côté. J’ai travaillé dur pour être là. Et je compte bien progresser, en espérant atteindre le sommet. Qui sait… »

On a eu aussi la chance de voir le bon vieux Taïpan (petit protégé de Youssoupha), à qui on a demandé une bonne raison de revenir, encore et encore : « C’est pour la bêtise de la blague, et tout ce qu’elle englobe. Je viens pas là pour les cliques, juste pour passer un bon moment. » Il nous a également glissé qu’il faisait pousser une plante, et qu’elle risque d’éclore à la rentrée. On vous laisse deviner ce que réserve cette phrase choisie avec soin.

Le Cabaret Sauvage

Heure de la préparation avant le show pour organisateurs, clasheurs et juges ; nos téléphones indiquent « 12h30 ». Comme convenu avec les organisateurs, nous nous sommes rapidement dirigés vers le côté foule pour prendre place. Et là stratégiquement, on a quand même bien fait de prendre une table en évitant la chaleur du cortège que formait les spectateurs. L’entrée du public est retardée, mais ne s’est pas faite attendre une fois lancée : en trois quarts-d’heure, on aperçoit déjà plus le sol du célèbre cabaret parisien.

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1 heure avant le coup d’envoi. – © Mathieu Houel
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Troisième édition d’affilée sous le chapiteau, pas de réelles surprises pour les fans. Pourtant, le RC a trouvé une salle à la hauteur du spectacle proposé : des bars qui marchent à pleine bouteille pendant toute l’édition, un stand barbecue « à la bonne franquette », un espace Chill extérieur sous le cagnard… Mais ce sont plus de 5h d’affrontements qui font le charme de ce florilège de blagues, de jeux de mots et autres figures de style en tout genre.  Bref de quoi combler les fidèles et surprendre les futurs initiés.

Bonne réaction du crowd

Très bon point à prendre en compte : un public déchaîné et super réactif. Les moments intenses se faisaient sentir, et l’implication des écrivains urbains largement visible. Big up à vous, comme on dit dans le milieu.

Analyse des clashs

On a assisté a une très belle édition, et ceux malgré l’absence du champion Wojtek. Néanmoins, certains rappeurs qui avaient raté leur dernières prestations sont revenus en force. Et ça fait plaisir !

L’avenir promet de belles révélations, et des personnalités qui vont se confirmer.

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On vous en parlait plus haut ! Mais quel jeu de scènes nous a-t-il concocté pour cet épisode onze ? – © Pierre Bertho
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Pour les curieux :

[su_spoiler title= »Attention, SPOILER ! » style= »simple »]Pour être clair, l’arrogance et l’agressivité que nous avons trouvées plus intéressantes du côté des plus jeunes. Il y a cependant une énorme déception concernant l’un d’entre eux, qui est passé à côté de son match. De plus, un des mc a subi une grosse galère personnelle, l’empêchant de pouvoir faire son battle. [/su_spoiler]

« Genre… historique ! » : tout un symbole

Autant voir des fans de Rap décrocher du phénomène depuis près de 5 ans n’est pas rare ; autant le public fan du projet et désireux de suivre ce tournoi interminable est bien présent : en à peine plus de 5 mois, le million et demi de vues pour le dernier battle pour le titre qui confrontait Wojtek à Louvar.

Ce qui nous a également frappé, c’est la diversité sociale, ethnique et générationnel au sein des adeptes. Alors certes, on peut voir des personnes très différentes les unes des autres, aux avants de la scène durant les précédentes éditions, mais ce regroupement aux multiples visages donne naissance à une ouverture d’esprit démesurée.

On finira sur une note, qui concerne un garçon qu’on adore ou qu’on déteste, qui s’appelle Ken (Nekfeu pour les « incultes ») et qui montre bien que les RC sont loin des clichés et questions sociétales qui rongent la France. Entre les différents débats politiques, on pourrait presque croire à une forme de contre-culture, désormais peu médiatisée. Un langage particulier, des habitudes et techniques d’écriture uniques, des fondations qui ont grandement évolué.

Les médias seraient-ils heureux que ces lyricistes restent dans une forme d’anonymat ? Et on voit déjà venir les réflexions mal placées comme « Ce ne sont pas une vingtaine de mecs doués en écriture qui vont révolutionner les choses » : il paraît évident qu’avec les derniers événements politiques, rire ensemble du pire est un sage remède. Rendez-vous dimanche pour la première diffusion de cette onzième édition, et merci à toute l’équipe pour l’accueil.

Le premier battle est enfin sorti ! On vous laisse découvrir l’ambiance au sein de l’arène Rap Contenders.

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