Rencontre avec Darlinn et Revers Gagnant

Aujourd’hui nous avons le plaisir de rencontrer Darlinn et Revers Gagnant. Ils seront présents pour la première Riptide Night, le 16 avril prochain au Faust.

AT : Revers Gagnant peux-tu présenter Darlinn ?

Revers Gagnant : Darlinn alias Steven qui fait de la production depuis 7 ans, qui avait un duo avant mais a décidé de se concentrer sur la prod chez lui. Il a commencé à sortir quelques tracks sur Soundcloud. Puis un jour, la révélation, il a sorti une track de fou avec un type qui s’appelle Revers Gagnant, le succès direct quoi (plus de 60 000 écoutes ndlr) ! Et maintenant le mec se met à sortir des tracks avec Mistery Skull, un mec qui fait de la voix, qui a 30 000 abonnés, fin il devient trop chaud. Plus sérieusement Darlinn c’est des superbes lignes de basse, des petits synthés pas piqués des hannetons, des trompettes. Darlinn c’est avant tout un homme de mélodies.

AT : Que d’éloges, Darlinn tu peux en faire autant pour Revers Gagnant ?

Darlinn : Oui tout à fait, on va essayer. Bon alors Revers Gagnant c’est qui ? C’est un tennisman déjà, classé 15, pas dégueulasse le type. Ça fait un an qui fait de la prod, sa première track fait 20 000 écoutes dès le départ, le mec pèse. Ensuite, il continue, fait ses petites productions et te sort un EP (Grand Chelem, signé sur Riptide Music et à écouter ci-dessous) avec un titre en featuring avec Lys (US Open) qui est pour moi la meilleure track de l’EP. Du coup on passe dans un autre monde, il a passé un cap et soudain il se met à faire une prod avec un mec inconnu qui s’appelle Darlinn spécialiste de la nu disco. Revers Gagnant c’est de la house avec quelques influences techno, des samples de voix sympathiques, il nous concocte sa recette magique et on obtient un EP de fou sur le tennis (Grand Chelem ndlr).

AT: Votre track Paris Rooftops en featuring avec Atëna est un succès plus de 500 000 écoutes  sur spotify en à peine 3 mois, serait-ce le début d’un duo gagnant ?

Revers Gagnant : Honnêtement on ne sait pas encore, on s’entend bien, on se complète mais on a pas encore creusé l’idée.
Darlinn : (rires) La France se questionne, la France ne sait pas, on verra, l’avenir nous le dira.

AT : Du coup je vous interview en duo ou chacun de son côté ?

Darlinn : Chacun dans notre coin mais avec un peu d’amour pour lier tout ça.

AT : Vous avez des projets prévus ?

Darlinn & Revers Gagnant : Oui au moins un et puis l’avenir nous dira la suite. Non, même deux, aller trois (rires), peut-être 4 on verra on est à l’abri de rien !
Revers Gagnant : Si on est à l’abri du vent puisqu’on est à l’intérieur ! (Rires)

AT : Comment vous est venu la passion de la musique ?

Revers Gagnant : Personnellement c’est la cocaïne et les pu***.

AT : Tu es au courant que je vais le noter dans l’article ?

RG : (rires)
Darlinn : Le pire c’est que c’est vrai !
RG : Non pour répondre sérieusement c’est un feeling, à vrai dire depuis des années je baigne dedans, quand je me préparais avant un match de compétition, je me retrouvais seul avec ma musique pour faire le vide et me concentrer. Et puis un jour … Attention c’est une séquence émotion, instant kleenex. Un jour m’a copine m’a abandonné et je n’arrivais plus à pratiquer mon jeu habituel et je me suis réfugié dans la musique en téléchargeant FL studio et c’est devenu l’amour fou.
Darlinn : Pour ma part depuis tout petit je suis un amateur de clavier, j’adore ça et puis plus tard j’ai essayé de faire de la drum puis j’ai continué dans ma chambre à créer des prods avec mon clavier que je partageais en soirée avec des potes.

AT : Mais du coup tu n’utilises pas de platines ?

Darlinn : Pas du tout, vraiment je n’y arrive pas c’est impossible. Je n’ai aucun regret et je ne pense pas qu’un jour j’en utiliserai je me contente de composer. Je préfère laisser les platines à Lucas, il les gère et on s’entend bien lors des lives. On se complète.
RG : C’est d’ailleurs ça qui est beau !

AT : Et toi Lucas, est-ce que tu t’es dit un jour « le son qui sort de mes platines peut faire vibrer les gens » ?

RG : Pour être honnête, je ne me le dis toujours pas. En fait c’est plus les personnes qui m’entoure qui m’ont poussé. J’étais sur Orléans et je balançais mes prods à mes amis qui ensuite m’ont proposé de jouer dans des bars, des boîtes. Mais oui de fil en aiguille je sortais de nouvelles tracks, je jouais de nouvelles scènes et puis la consécration : faire des tracks avec Darlinn.

AT : Darlinn pour toi on a compris que c’était le clavier mais comment t’en es venu à te dire que ton son pouvait apporter aux personnes qui t’écoutait ?

Darlinn : A la base, je me suis cherché pendant des années, je testais différents styles afin de trouver le bon. Après, comme l’a dit Lucas c’est une chose dont on n’a pas forcément conscience. Je ne dirais pas que c’est un manque de confiance mais plus une recherche de la perfection. On cherche constamment à améliorer nos prods et bien sûr quand on obtient des retours positifs c’est tellement agréable.

AT : Une question récurrente mais essentielle, le sens des pseudonymes. Qui veut commencer ?

RG : En deux temps trois mesures, j’ai fait 15 ans de tennis que j’ai remplacé par la musique. Cependant, je souhaitais garder cette ambiance liée au tennis et mon coup favori dans ce sport était le revers.

AT : A une main ou deux mains ?

RG : Deux mains bien sûr, tu possèdes plus de contrôle et de puissance sur ta balle. Pour revenir à la question précédente, je souhaitais garder un nom français pour réaliser un petit clin d’œil à la French touch. Donc j’ai choisi Revers Gagnant, en le prononçant devant le miroir j’ai trouvé que ça sonnait bien, du coup c’est resté.

AT : Et toi Steven, Darlinn, qu’est-ce que ça signifie ?

Darlinn : Si je devais résumer mon pseudo aujourd’hui, c’est avant tout un sentiment, une sensation qui te fait vibrer. Je suis un homme d’amour, j’aime la sensualité et la part d’amour dans les rapports, le bon côté, la douceur.
C’est aussi un pseudonyme intime dans le sens où mon père appelait tout le temps ma mère « darling » et je trouvais ça beau.

AT : Comment vous vous définiriez auprès des lecteurs qui vous découvre aujourd’hui ?

RG : J’essaye de faire un maximum de french touch, de toujours apporter des samples françaises, amener une sorte d’esprit élégant, c’est d’ailleurs pour ça que les lignes de basses de Darlinn me correspondent bien. Je dirais que j’ai un style qui s’apparente au nu disco et à la French touch.
Darlinn : Exactement dans la même veine french touch et nu disco, mais j’aime ajouter des touches funk à mes compositions avec de la trompette ou des violons. Pour les basses je rejoins totalement Lucas sur leurs importances, il faut des basses profondes et mélodiques.

AT : Est-ce que chacun de vous connait la référence de l’autre, une source d’inspiration ou une idole ?

RG & Darlinn : Oui, bien sûr.

AT : Qui souhaite démarrer ?

Darlinn : Lucas est un fan absolu de Jean Tonique (à ne pas confondre avec Gin tonic ndlr) qui est un dj parisien aux influences funk et disco.
RG : C’est tout à fait ça. En fait pour la petite histoire, je suis allé le voir à Londres pour mes 19 ans. C’était mon cadeau d’anniversaire et j’ai encore les images en tête. C’était juste une soirée mémorable, je crois que je n’ai même pas trouvé un seul point qui aurait pu me décevoir.

AT : Mais pourquoi Jean Tonique ?

RG : Ça fait longtemps que je le suis et il dégage tout ce que je recherche dans la musique. Tous les points dans lesquels il excelle ce sont les endroits où j’ai du mal, ce qui fait qu’il y a cette espèce d’opposition à laquelle je voue un culte. Il se balade dans ses compositions, il a une panoplie d’instruments qu’il maîtrise parfaitement, il est capable d’amener tellement d’émotions que je le considère comme un génie.

AT : Pour toi Darlinn ce serait ?

RG : Yuksek !
Darlinn : (rires) Oui voilà, pour moi Yuksek c’est le patron. Tout ce qui va se faire maintenant et s’écouter pendant les 10 prochaines années viendra de lui. Il est quand même père de famille, il a 40 ans mais il a toujours cette passion qui l’anime, en associant la prod à l’acoustique, il t’envoie une vibe groovy / analogique. Yuksek m’inspire vraiment car il produit tout à fait le style de musique que j’aimerais faire. Je pense que dans 20 ans quand on écoutera ses musiques on se dira qu’il a créé et représente tout un panel de la musique qui est inclassable. Je le redis encore j’aimerais faire le même genre de tracks tout en ajoutant ma patte et en ayant cette même passion qui l’anime sur scène.

AT : Si vous deviez choisir un Dj ou un groupe de Djs français ce serait ?

RG : Justice !
Darlinn : Breakbot et Irfane. C’est mes artistes préférés après Yuksek. Déjà Breakbot quand il était tout seul m’avait beaucoup inspiré et puis j’ai eu l’occasion de voir Breakbot et Irfane sur scène et c’était fou. C’est une association de violons, de basses, de synthé sur scène qui te transmettent un ressenti, une sensation de plaisir et de joie.
RG : Pour moi Justice c’est avant tout Gaspard et Xavier. Je ne sais pas comment t’expliquer mais c’est deux types qui t’amènent à chaque album un style différent. Ils ont une polyvalence incroyable, tu ne sais jamais à quoi t’attendre lors de la sortie d’un de leurs nouveaux albums si cela va être du stress, du génésis, du dance, du safe and sound. Pourtant à chaque fois c’est génial, ces deux génies représentent la french touch, on a quand même grandi avec leurs tracks.

Voilà notre interview de Revers Gagnant et de Darlinn s’arrête ici, je tenais à les remercier pour leur sympathie ainsi que leur humour décapant. Ce sont deux compositeurs en devenir je vous invite à découvrir leurs compositions via les liens ci-dessous.

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