Report – Éclosion : Detroit to Paris

Marvellous Island revenait en force avec la soirée « Eclosion » le 17 Octobre dernier au Docks de Paris, nouveau projet du collectif. Deux reporters d’un soir, Guillaume et Adrien, sont partis vivre cette soirée pour vous en raconter les moindres détails. Vous étiez absent ? Pas de soucis, on vous dit tout !

L’histoire d’une éclosion réussie

Samedi soir, il fallait être au 1936. Les Docks de Paris nous avaient déjà comblé il y a un mois dans cette même salle avec Marcel Dettman et Ben Klock, nous étions donc prévenus, ça allait cogner. Des roumains déchainés, un Juan Atkins fidèle à lui-même, du Vjing impressionnant, et des français qui créent la surprise, voilà ce que nos yeux et nos oreilles ont retenu de cette Éclosion.

Mais commençons par le commencement. Après une entrée fluide et un bracelet backstage récupéré, nous entrons sur les lieux aux environs de 21h45. L’ambiance est encore bon enfant, la salle est à moitié remplie. Nous profitons de l’happy hour pour nous prendre un (deux, tr…!) buckets de bière et nous poser sur les bottes de foin en extérieur. On (re)(re)test le bon bacon burger de Goodies qui nous avait déjà conquis à la sortie de Concrète le week-end dernier. Les ventres pleins, le corps hydraté, c’est maintenant nos oreilles qu’il faut nourrir, et elles sont affamées.

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Crédit Photos : Willem Nere & Emma Despres Garcia

Direction la seule et unique scène de la soirée, ouverte à l’avant comme à l’arrière. Sur le chemin, nous engageons la conversation avec Sonia et ses deux amis Chiliens. Notre nouvelle amie semble particulièrement excitée par cette soirée : « Vous allez voir, y’a deux roumains qui passent bientôt aux platines, vous allez prendre une claque les mecs ! ». Soit, nous verrons bien.

En attendant, on apprécie la performance de nos artistes parisiens. En premier lieu, JulianM, jeune artiste en pleine ascension (label CatWash et Soleil de Nuit Records) doté d’un talent affirmé, nous a gratifié d’un live riche et diversifié, démontrant ainsi une maitrise assurée de la Chicago house. Puis, c’est le tour de Phil Weeks, producteur sur le très respecté label Robsoul Recording (Derrik Carter, Dj Sneak ou David Duriez pour ne citer qu’eux). Ce véritable puriste de Chicago house old school nous a lui aussi régalé, avec ses tracks aussi bien vintage que new trend, et cette ligne de basse lourde et intense qui réjouit tant nos oreilles. Ces deux-là nous mettent en appétit, si bien qu’on se demande si l’éclosion en question n’est pas celle du coq français. A confirmer plus tard avec le français, très attendu, Traumer qui s’occupera du closing …

Nous faisons un rapide aller-retour en backstage pour immortaliser un moment derrière un Dj déchainé et une ambiance qui ne cesse de croître. Il est maintenant minuit passé et nos fameux Roumains, Livio & Roby, arrivent aux platines. Sonia, tu ne nous as pas mentis, nous avons pris une claque. Ça tape fort, les sternums vibrent et les jambes ne peuvent s’empêcher de suivre le rythme. Puissant, c’est le mot. Face à ça, notre coq français se fait quelque peu gifler par l’aigle d’or roumain. Univers sombre et underground, mélange de basses groovy et mélodies tribales, leur son pénètre jusqu’au plus profond de ton psychisme.

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Crédit Photos : Willem Nere & Emma Despres Garcia

Obnubilé par l’énergie qu’envoient nos voisins de l’Est, on en oublie presque l’environnement qui nous entoure ! Et notamment cette mise en place impressionnante : la diffusion à 180 degrés d’une projection sensée faire revivre l’ambiance de Detroit. Même si nous nous attendions à un rendu plus visible avec notamment de vrais écrans géants, la projection sur les murs en brique donnait néanmoins un charme certain à la prestation. Le groupe Minderz qui a composé ce visual show est talentueux. On a particulièrement apprécié les oppositions entre troupeaux de flamands roses et festivaliers de Detroit, ainsi que les effets psychédéliques. Le toit, illuminé lui aussi de centaines de LED, vous transporte instantanément dans l’espace. La cohérence sonore et visuelle de l’évènement est parfaite, et on espère revoir cette association plus souvent. Tiens c’est déjà la fin du set roumain !

On en profite pour aller prendre un peu l’air. Car oui, entre temps, la salle est maintenant comble et la température commence à monter. Dehors par contre, il fait froid, mais nous sommes attirés par une musique qui semble provenir de derrière cette bâche. Tiens, que se passe-t-il derrière ? Un dancefloor de 15m2, sans DJ, diffusant de la transe particulièrement violente, le tout en pleine lumière ! Sympa ! Surtout avec cette bande de copains qui dansent frénétiquement, maquillage fluorescents sur les joues, banane aux lèvres. Pourquoi pas après tout, c’est plutôt intimiste. Allez, il commence à faire vraiment froid, et puis Juan Atkins commence son set. On retourne devant la scène pour ne pas en manquer une miette. Tel l’œuf couvé par la poule, nous sommes tout de suite plongés dans une chaleur réconfortante, il est temps pour nous de briser notre coquille.

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Crédit Photos : Willem Nere & Emma Despres Garcia

Juan Atkins arrive aux platines. A peine le set démarré qu’une augmentation frappante du son est faite. Le message est passé, ça va être très fort pour les oreilles !! Quelques soucis de calage dans l’enchainement de certaines tracks; il y a eu quelques couacs de la part du Dj le plus attendu, mais ne soyons pas mauvaise langue, la prestation était à la hauteur de la réputation de Juan Atkins : enivrante, léchée et méthodique. Le son de Detroit résonnait fort dans le 93 ce soir-là, et l’effervescence notoire de la salle n’était pas une illusion.

Les deux dernières heures de la soirée ont été marquées par le très impressionnant set de Traumer. Nous l’attendions impatiemment et le français a répondu à nos attentes. Réputé pour sa rythmique frénétique aux accents jazzy, il a su nous combler avec sa techno puissante, ascensionnelle. On note aussi un talent pour orchestrer deep-house et down tempo sans choquer les oreilles. Bref, Traumer nous a offert un véritable bijou pour le closing.

https://soundcloud.com/traumer/jay-lumen-our-freedom-traumer-remix

On a dansé plus de 5 heures, et pourtant, on est triste que ce soit déjà terminé. Nos français ont assuré, nos amis Roumains également. Detroit n’a qu’à bien se tenir, Paris a prouvé ce soir sa fertilité en terme de talent européen. L’éclosion est donc réussie, on est impatient d’assister à la renaissance du « Phoenix Marvellous », sans nul doute au Big Bang festival le 6 et 7 novembre prochain (places à gagner), nous on y sera et on espère vous y voir 😉


 

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