Report Kolorz Festival

Le Kolorz festival s’est déroulé à Carpentras le 17 et 18 juillet dernier avec un line-up composé des plus grands artistes de la scène techno / deep actuelle. Notre reporter du jour, Lucas, qui a gagné ses places et l’opportunité de réaliser le report officiel, vous raconte son expérience de deux jours riche en évènements .

Nuit 1 / Vendredi 17 Juillet 2015

20h20 : ça y est! après un peu plus de 2h de route depuis Hyères-Toulon , plus 30 min supplémentaires en guise de bonus à se perdre dans Carpentras et à chercher ce fameux Château Durbesson, on arrive enfin sur le lieu tant attendu , recherché  et convoité. Le parking commence à se remplir, la bière et la vodka coulent à flot, pas de doute : c’est encore l’heure de l’apéro pour de nombreux festivaliers !

Néanmoins, on préfère se diriger et pénétrer directement dans l’enceinte qui sera notre temple de la musique électronique pendant ces deux prochaines nuits , car, l’apéro c’est bien beau et bien sympa, mais la techno ça l’est encore plus. On a déjà loupé le petit protégé de Maceo Plex : Shall Ocin, ainsi que le début du set de Kolsch, déjà assez de temps et de son perdu pour nos oreilles, compte tenu de la programmation exceptionnelle de cette édition d’été 2015 du Kolorz Festival.

Car oui, la programmation de ces 2 nuits, parlons-en : une simple énumération des noms suffira à faire tourner toutes les têtes et à faire trépigner d’impatience les oreilles et les jambes : en tête d’affiche le papa, le parrain, le mécène de la scène électronique française : Monsieur Laurent Garnier , le génie américano-cubain Maceo Plex, l’allemand RECONDITE et sa techno minimaliste en Live , la house dansante du danois Kolsch , le prodige argentin Shall Ocin et le groove du local Greg Delon pour ouvrir cette première nuit dans le château Durbesson.

Et, comme si ça ne suffisait pas, on en remet une couche le lendemain et on enchaîne avec une deuxième lame, à la techno plus radicale : la légende de Detroit Jeff Mills, la sensation Berlinoise Rohad, la violence de the Driver aka Manu Le Malin, le patron suédois de Drumcode : Adam Beyer, la sublime suédoise Ida Engberg, et le petit prodige français Maxime Dangles en Live avec ses machines (dont l’interview sera à retrouver ce vendredi sur Chill Music).


Mais, certes, les noms c’est bien beau, mais nous ce qui nous intéresse c’est le son : on arrive donc sous les coups de 20h30 devant Kolsch, à peine le temps de savourer la beauté du Château Durbesson qui se dresse devant nous, qu’on entend déjà résonner et retentir « Wir », une des sublimes tracks du nouvel album de Stephan Bodzin. Puis, quelques tracks plus tard, Kolsch nous plonge dans une toute autre ambiance, beaucoup moins mélodieuse et plus brutale : avec « For An Endless Night » de Alan Fitzpatrick !

Du Drumcode joué par Kolsch ? On est surpris, on pensait que la techno lourde n’arriverait que le lendemain soir ! Le set contrasté de Kolsch mêle donc, plus ou moins subtilement et habilement, des passages de techno mélodiques avec d’autres issus d’une techno plus profonde et plus sombre. Bien entendu le danois n’oublie pas d’inclure et de jouer dans son set quelques une de ses productions, qui caractérise une house beaucoup plus dansante. On a donc entre autres pu entendre, dans le désordre, « Loreley », « Opa », ou encore « Goldfish », ainsi que son dernier EP sortie sous Kompakt avec « The Road » et la mélodieuse « Cassiopeia ».

21h45 : le soleil s’est déjà couché depuis quelques temps sur Carpentras, et la nuit qui tombe nous offre l’occasion d’admirer encore plus le lumineux mapping du Château Durbesson, mais trêve d’illuminations pour nos yeux, car pour nos oreilles c’est l’heure du début du live de Recondite. Comme à son habitude, l’allemand nous livre une prestation parfaitement maîtrisée de bout en bout, tout s’accorde, les transitions sont parfaites, on plonge à corps perdu dans son univers à la fois mélodique et sensible d’un côté, profond et obscur de l’autre. « Buteo », « Caldera », « Cleric » , « Serak », « et autres sont toutes plus efficaces les unes que les autres, les oreilles les plus attentives auront pu également déceler des tracks inédites issues de son prochain album , qui présage une jolie claque musicale : on a hâte !

23h00 : pas le temps de se remettre du sublime live de Recondite ni même d’aller prendre une bière, voila Maceo Plex qui arrive derrière les platines pour 2h de set intense, le visuel «  Dream don’t sleep » inscrit derrière lui porte bien son nom : on a envie de continuer à rêver, et à raver toute la nuit ! L’intensité de son set tech-house atteint son paroxysme lorsqu’il passe une de ses prochaines sorties : Solar Detroit, le maestro n’hésite pas à jouer avec son public et fait le show, la foule est conquise ! Puis, à un moment donné, son set prend des allures de plus en plus techno, notamment grâce à Snorkel, une des tracks issues de son principal pseudo Maetrik

Est-ce donc Maceo Plex ou Maetrik qui est présent ce soir au Kolorz et qui joue devant nous ? On ne sait pas trop, tant le set du DJ a habilement mélange tech-house et pure techno, et, à vrai dire, on s’en moque de la forme, tant que le fond est bon, et, la, il est très très bon même !

1h00 : Maceo Plex finit son set et tire sa révérence, pour laisser place à Monsieur Laurent Garnier : qui d’autre que le Papa de la techno “made in France“ pour mieux clôturer cette première nuit du Kolorz ?
Le lauréat de la première victoire de la musique accordé à un album de musique électronique que l’on vénère encore et pour l’éternité, nous fait toujours autant danser et vibrer, et ce malgré les années écoulées, Laurent Garnier est un monument de la techno, un artiste intemporel.
Comme d’habitude, «Lolo» nous distille un set teinté d’une part de deep mélodique, de house groovy et dansante, d’autre part de pure techno fracassante, en passant également par l’acid, tous ces genres de la musique électronique sont mêlés et joués à la perfection, les transitions sont parfaites, tout est cohérent. « Lolo » nous raconte une histoire , une belle histoire d’1h30 pendant laquelle on est ailleurs, loin de tout, on se laisse transporter et guider les yeux fermés par l’artiste, qui nous plonge dans son propre univers, sa vision à lui du monde de la musique électronique.

2h30 : A 30 min de la fin supposée du set, et alors que ce dernier jouait The Entity de Maetrik (aka Maceo Plex), grosse surprise : Maceo Plex revient et déboule sur scène, pour un B2B surprise avec Garnier, totalement improvisé ! Les 2 artistes nous jouent notamment ensemble « French Kiss » de Lil Louis, mais surtout concluent cette nuit de rêve sur une track mémorable : « Solitary Daze », LE meilleur moment de la soirée ( et même du festival entier) selon moi.

On ne pouvait rêver un meilleur final possible que ce B2B mémorable entre les deux génies pour fermer le rideau de cette première nuit, il est déjà 3h du matin, et on a hâte de revenir dès 18h pour voir Maxime Dangles en live avec ses machines en action !

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Nuit 2 / Samedi 18 juillet 2015

17h 45 : Cette fois ci on arrive tôt car on veut écouter l’intégralité du live de Maxime Dangles, qu’on  interviewera juste après alors autant profiter de sa performance complète pour mieux en parler ! On arrive devant la scène pour voir l’ouverture de cette deuxième, et dernière, nuit estivale du Kolorz Festival. la qualité est au rendez –vous, après une première demie heure ou Maxime – qui nous le dira lui-même par la suite – joue plutôt electronica, la fin du live est très orientée techno et on prend plaisir à entendre des tracks extraites de «Résilience», le premier et tout nouvel album de Maxime Dangles .

19h00 : la belle Ida Endberg rentre en scène, cependant nous on ne pourra pas trop profiter de son set , car on a rendez-vous avec Maxime Dangles pour une interview, en attendant et pour patienter on va chiller dans l’espace VIP, tout en prêtant quand même une oreille attentive au set de la jolie suédoise.

21h00 : On ressort de l’interview avec le sourire, ce fut très intéressant et constructif, et puis on a pas mal papoté et rigolé ! Bref, le temps de prendre une bière, et on repars à nouveau dans le son, on a déjà loupé Madame, mais on ne ratera pas Monsieur Adam Beyer, qui n’est autre que le patron du fameux et puissant label techno Drumode. Alors, que dire de cette petite heure de set ? Du gros drumcode comme on aime, ça tape fort, quand il faut, et comme il faut, le soleil se couche sur Carpentras et Beyer ne laisse toujours à nos jambes aucun répit, cela nous prépare comme il faut à ce qu’il va suivre.

22h00 : The Driver (aka Manu Le Malin sous son principal pseudo Harcdore) plante le décor, c’est l’heure de la violence sonore.

Personnellement, je ne connaissais pas du tout The Driver, je connaissais Manu Le Malin de nom mais je n’affectionne pas du tout le hardcore, jusqu’à ce que je vois son closing au Weather Festival Paris en Juin dernier. Il m’avait surpris et, de façon générale, a marqué les esprits. Il me tardait donc de le revoir à nouveau !

Et, une fois de plus, je n’ai pas été déçu : un univers musical profond et sombre, de la technique et de la violence auditive à l’état sonore le plus pur et le plus brut(al) qui soit, mais aussi du scratch en veux tu en voilà, Manu mixe comme s’il était dans sa chambre, sans retenue, il fait ce qui lui passe par la tête, et c’est génial ! Preuve en est la toute fin de son set, il monte de plus en plus vite, pousse de plus en plus haut, de plus en plus fort, et il joue carrément les 30 dernières secondes en mode hardcore ! Un moment et un closing complètement dingue, tout le monde se regarde avec le sourire aux lèvres, l’air bête et interloqué, se demandant ce qu’il venait réellement de se passer.

23h30 : Manu est venu, on l’a vu, et il nous a vaincu. Le DJ a tout retourné sur son passage, et par conséquent notre organisme également, on ressort totalement épuisé de ce set intense, tant mentalement que physiquement, et on se dit qu’on a bien besoin d’une bière et d’un instant chill pour récupérer et reprendre nos esprits (et retrouver nos jambes également par la même occasion). Lorsqu’on revient,  Rodhâd passe « Ventricule » , track issue de l’album «  Résilience » de Maxime Dangles, un joli clin d’œil à notre DJ français !

1h00 : Ca y est on est remis sur pied et on a récupéré, pile à temps pour lé début du set de Jeff Mills, ouf ! Car on s’en serait vraiment voulu de rater le début du set de la légende pionnière de la techno de Detroit ! 2ème fois de la soirée qu’on se reçoit une claque magistrale en plein dans les tympans, Jeff Mills est un magicien, un indétrônable maître qui use de ses puissantes boucles répétitives, psychédéliques et hypnotiques, pour nous transporter et nous mener la ou il le désire.

Lorsque retentit sa track magistrale «The Bells» on entend une clameur dans la foule, les bras se lèvent et s’agitent, battent en rythme vers le ciel, au son du carillon de ces cloches électroniques. Jeff Mills nous gratifie, en véritable patron, d’une fin de set totalement improvisée en jouant avec sa fameuse TR-909, on est conquis. Le temps passe vite, les lumières se rallument, il est donc déjà 3h, mais, tel un seigneur, le mage de Detroit nous accorde 5 minutes de bonus et d’ impro supplémentaires, de quoi nous arracher le peu d’énergie qu’il nous reste, ainsi que des milliers de sourires Kolorziens dans la foule. Puis le rideau tombe, cette édition d’été du Kolorz 2015 s’achève en beauté, elle nous laissera avec des étoiles plein les yeux, et des oreilles remplies de son.

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