NAME Festival : Réussir à se faire un nom

Les 7, 8 et 9 Octobre dernier s’est déroulé le NAME Festival (Nord Art Musique Electronique) sur le Port Fluvial d’Halluin, à la frontière Belge. C’est l’association Art Point M qui a créé cet événement à l’initiative du conseil régional du Nord. La Berlinoise Ellen Allien est devenue la marraine officielle du NAME et répond présente chaque année depuis les débuts en 2005. Elle a même entraîné tous les plus grands DJs Allemands dans son sillage. Nos reporters sont parties à Lille il y a de ça 10 jours, et vous raconte leur immersion en terre Allemande, vous aller comprendre pourquoi.

C’est my NAME, c’est my NAME

Premier jour, un froid de canard, nous voilà en route. 20 minutes de marche dans la campagne à suivre les basses pour nous diriger vers le site. Nous sommes arrivées au festival vers minuit, pas grand monde à l’entrée mais les deux chapiteaux étaient eux déjà bondés. Beaucoup d’étudiants et de locaux de styles variés qui ont fait preuve de beaucoup d’excès en tout genre. Deux bars au total, un sous chaque chapiteau des prix des consommations bon marché comparé à certains festivals et des toilettes très accessibles. Seul petit bémol, pas d’eau pour se laver les mains !

Malgré tout, la programmation était à couper le souffle, restait à voir les prestations artistiques.

A peine arrivées, nous étions déjà sur la scène de Recondite. Il faut dire que le site n’était pas très grand et qu’on avait vite fait le tour. Le DJ habitué des scènes allemandes nous a offert une remarquable prestation de sons Acid/Minimal glissant parfois sur le versant Deep de la Techno, le tout avec une grande maîtrise. Un petit tour dans l’autre salle pour voir ce qui nous attend ? Kollektiv Turmstrasse, deux anciens de la musique minimale techno, déjà 10 ans avec le label Diynamic, c’est en 2015, grâce à leur titre ‘Sorry I’m Late’ que le grand public les découvre. Ils nous ont fait danser ce soir avec un set techno house. Une très belle mise en jambe. Un petit tour s’impose à présent. Contrairement à d’habitudes, nous n’avons pas une seule fois rencontré d’étranger, ce qui est assez surprenant pour un festival.

En face de nous sous le chapiteau 2, Stephan Bodzin venait de commencer son set, nous n’avons donc pas traîné. En effet, il s’agit de l’un des Djs Allemands les plus influents sur la scène Techno Underground. Ses sets mélodiques provoquent le frisson et nous emportent sur des nappes synthétiques distordues mais au combien envoûtantes: bref, sa prestation était bien à la hauteur de nos espérances. Nous ne pouvions cependant pas nous attarder car Seth Troxler, dans l’autre salle, avait déjà commencé à jouer. Nous avons donc rejoint la scène avec excitation puis après quelques pas de danse, nous nous sommes rapidement retrouvées déstabilisées. En effet, probablement victime d’un vinyl rayé, il n’a eu d’autre choix que de baisser progressivement le volume et de repartir sur un nouveau morceau. C’était bien la pire chose qu’il pouvait lui arriver. Les jeunes festivaliers le sifflaient et le huaient, cela est vraiment dommage quand on connaît le talent et la discographie du DJ américain.

Place à la scène suivante, Ben Klock, résident du Berghain à Berlin, toujours égal à lui même. Un set parfait dans son style techno minimal. Il s’inscrit dans un mouvement moderne de la techno berlinoise et fait partie du top 10 des DJs de la décennie. Les gens étaient littéralement sous l’emprise de la musique, extraordinaire…

Ensuite, nous avons couru vers la scène de Laurent Garnier que nous ne pouvions bien évidemment pas manquer. Le DJ Français nous a offert un set un peu plus mélodieux et dansant qui a su tenir la foule en haleine. DJ compositeur et producteur, il est respecté d’une part par les pionniers de la Techno de Détroit avec qui il a créé des liens forts, et d’autre part par la génération plus jeune de producteurs et DJs à qui il a su donner goût à la musique électronique à travers ses sets et performances radio live hors du commun.

Dans la scène voisine, Marcel Dettman. En tant que DJ passionné et que l’une des facettes du Berghain, il cherche à inspirer son audience avec des sons à la fois bas en fréquence et brutaux, nous transportant tout au long de son set, de l’émotion à la surprise. Après nous être déhanchées frénétiquement sur les basses Dettmaniennes, nous voilà affamés. Nous sommes maintenant à la recherche du meilleur des food trucks pour nous restaurer, tous issus de petits producteurs locaux. Au menu : Mexicain, burgers ou frites maison. Pour nous ce sera Burger aux maroilles pour rester dans la tradition.

On vous rappelle que le festival à lieu à Lille et non à Berlin ! Au vue de la programmation, la question se pose, va-t-on se plaindre ? Bien sûr que non, on en redemande même.
Première journée plutôt réussie. Place à la digestion et au repos.

Jour 2 : On enchaîne !

Après une bonne journée de repos et quelques rayons de soleil, nous voilà de nouveau dans le froid du Nord en direction du port fluvial pour la deuxième soirée. On débute avec Alex Niggeman, un Allemand de 31 ans qui a signé avec les labels Poker Flat Recording et Tsuba Recording. A. Niggeman nous a fait un set orienté tech house très apprécié du public. Ensuite, nous nous rendons à Ellen Allien, l’emblème du NAME Festival. La DJette Berlinoise est connue pour son style venu d’ailleurs. Elle alterne subtilement entre douceur et agressivité et ose briser les règles. Elle nous emmène pour un voyage psychédélique qu’elle partage sans retenue avec un public toujours très réceptif.

Ellen Allien NAME Festival 2016

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Ellen Allien est toujours aussi concentrée durant ses performances. La leçon donnée par la marraine était grandiose !
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Après une bonne heure de danse, nous nous sommes dirigées vers la scène de Rødhad, DJ Allemand du label Dystopian très attendu du festival. Son style est toujours profond, puissant et mélancolique à la fois. Il a su maintenir tout le long de son set très techno, une ambiance folle aux rythmiques résolument underground. Direction la scène 1 pour finir avec Mind Against, un duo explosant quelque peu difficile à décrire en terme de style. Ils ont su créer leur propre identité sonore en mêlant des notes psychédéliques avec des titres des années 1980. Un set très dansant qui a relancé la foule pour la fin de la soirée.

On ne vous parle pas de la scénographie ni du jeu de lumière, tout simplement parce qu’il n’y a rien à dire : simple et efficace, le job est fait et on en demande pas plus.

Nous voilà épuisées après cette deuxième soirée riche en émotions. Plus qu’une option : le lit !

Jour 3 : Derniers moments de plaisir

Le dernier jour, toujours motivées mais dans un autre état d’esprit car très fatigués, nous repartons profiter de la Closing avant de repartir vers la capitale.
Au programme, Axel Boman, DJ et producteur Suédois. Il nous a fait un set très Deep House parfait pour une fin d’après-midi.
Enfin, pour finir en beauté, le grand Âme, compagnon de route de Dixon, il nous à gratifié de trois heures de Deep raffinée, exquis ! De quoi repartir avec le sourire.

Dites ce que vous voulez du Nord, nous y retournerons l’année prochaine, et nous poserons cette fois une semaine de congés pour récupérer…

Merci à tous les membres de l’organisation du N.A.M.E Festival pour ces instants mémorables.

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